Le compte à rebours avant l’obtention d’un diplôme : comment commencer, dès aujourd’hui, à économiser pour l’éducation de votre enfant

Les enfants… C’est fou ce qu’ils grandissent vite!

Hier encore, votre enfant rêvait de devenir astronaute, médecin, taxidermiste – la liste change de jour en jour! Un beau matin, vous remarquez que vous éprouvez des difficultés à l’aider à faire son devoir de maths et que, pour lui prêter main-forte dans son projet scientifique, vous en êtes rendu à lire la deuxième page des résultats de votre recherche Google.

Vous vous rendez alors compte que ses rêves d’enfant ambitieux (et coûteux) sont peut-être sur le point de devenir une réalité. La question qui se pose, c’est de savoir si vous aurez les moyens de l’envoyer à l’université.

Tous les parents veulent assurer l’avenir de leur enfant. Cependant, pour beaucoup de familles, épargner pour leur éducation postsecondaire peut être tout un défi. Après tout, les droits de scolarité moyens pour les programmes de premier cycle cette année s’élevaient à 6373 $[1], soit un peu plus de 25 000 $ pour un programme de quatre ans. Et c’est sans compter les livres, les repas ni le loyer de la résidence!

C’est pourquoi j’ai demandé à Jason Ransome, conseiller financier à Ransome Financial Inc., comment les parents peuvent commencer à économiser dès maintenant pour l’éducation de leur enfant.

J’ai débuté mon enquête à la racine du problème.

Q : Pourquoi les parents attendent-ils à la dernière minute avant d’économiser pour l’éducation de leur enfant?

Jason : La principale raison pour laquelle les gens ne commencent pas à épargner tout de suite, c’est le manque de fonds. Nous connaissons tous le dicton qui affirme que, pour épargner, il faut se payer en premier. Le problème, c’est que personne ne semble suivre ce conseil. Quand les parents mettent des sommes de côté pour l’éducation de leur enfant, ils les considèrent comme une dépense supplémentaire, alors qu’elles constituent une occasion d’économiser. Plus ils le font tôt, plus ils pourront profiter de cette occasion.

De plus, les gens croient avoir tout le temps devant eux. En fait, le temps passe vite et ils oublient d’épargner! Ils ont les meilleures intentions du monde, mais elles sont emportées par le tourbillon de la vie.

Q : Mentalement, qu’est-ce qui empêche les parents d’épargner pour l’éducation de leur enfant?

Jason : Il est beaucoup plus difficile de planifier 15 ans à l’avance que d’employer notre argent pour ce que nous voulons ou pour ce dont nous avons besoin en ce moment même – bref, c’est encore un problème de procrastination! En outre, nous avons tendance à nous dire que, lorsque sera venu le moment d’économiser, nous aurons alors plus d’argent. Le hic, c’est que ça n’arrive jamais.

Et il y a le facteur « dès que… ». « Dès que j’aurai fini de payer ma voiture, je pourrai mettre plus d’argent de côté. » Le problème, c’est qu’il y a toujours une nouvelle dépense. Quand on demande aux parents de parler de l’éducation de leur enfant, ils déclarent que c’est leur priorité mais, quand on regarde leurs actions, on réalise que l’éducation de leur enfant est souvent au bas de la liste.

Q : Quand les parents devraient-ils commencer à épargner pour l’éducation de leur enfant?

Jason : Dès aujourd’hui! Le plus tôt sera le mieux. Comme pour tout régime d’épargne à long terme, quand on commence plus tôt, on peut cotiser moins à chaque versement, car on le fait depuis plus longtemps. Plus on commence tôt, plus on peut accumuler des intérêts composés.

Par contre, si l’on attend trop longtemps, on se met à la chasse aux taux d’intérêt. Dans la conjoncture actuelle, où les taux d’intérêt sont bas, on ne peut compter avoir un bon taux de rendement; au contraire, ce sont les sommes épargnées qui comptent. Par exemple, si votre enfant va être admis à l’université dans quelques années, mais que vous n’avez pas assez économisé, un placement à un taux d’intérêt élevé pourrait vous aider, mais c’est à vos risques et périls. Plus le taux de rendement est élevé, plus vous courez des risques.

Q : Y a-t-il un moment où il est trop tard pour commencer à épargner?

Jason : Il n’est jamais trop tard. Par contre, comme je l’ai déjà mentionné, c’est le temps dont vous disposez qui décidera du niveau de risque. En gros, vous voulez des placements plus audacieux au début puis, au fur et à mesure que grandira votre enfant, vous opterez pour des placements plus prudents, car vous n’aurez plus le temps de vous remettre d’éventuels mauvais rendements.

Autre conseil, si vous investissez dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE) – ce que j’encourage les parents à faire, sachez que vous devez respecter les délais pour profiter au maximum de la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) du gouvernement.

Q : Avant d’entrer dans les détails, pourriez-vous expliquer ce qu’est un REEE? Que doivent savoir les parents?

Jason : Le REEE est un instrument de placement dont se servent les parents pour épargner pour l’éducation postsecondaire de leur enfant. Les impôts que vous aurez à payer pour votre REEE seront différés et, lorsque vous l’ouvrirez, le gouvernement vous aidera à économiser en vous accordant une Subvention canadienne pour l’épargne-études. Ces subventions sont essentiellement des programmes incitant les parents à ne pas remettre l’épargne au lendemain et à commencer à économiser dès maintenant!

Voici le calcul : Chaque année, vous pouvez cotiser dans votre REEE à concurrence de 2500 $. Pour chaque dollar que vous versez dans le REEE, le gouvernement fédéral lui ajoutera un supplément de 20 %, à concurrence de 500 $ par bénéficiaire par année (Ça veut dire 2500 $ en cotisations x 20 % = 500 $ en subventions).

Bien que vous puissiez cotiser jusqu’à 50 000 $, la subvention ne s’appliquera qu’à un total de 36 000 $, compte tenu du maximum annuel. Autrement dit, vous pourriez obtenir au cours de toute votre vie une subvention de 7200 $!

Si vous n’avez pas cotisé pendant quelques années et qu’il vous reste des droits inutilisés, vous pouvez reporter chaque année les cotisations de l’une des années précédentes.

Q : Et les parents doivent arrêter de procrastiner parce que ces REEE ont des délais, c’est bien ça?

Jason : C’est bien ça. Ainsi, les bénéficiaires sont admissibles à des subventions jusqu’à l’âge de 17 ans et il existe des règles précises sur la cotisation qu’il faut suivre pour être admissible aux subventions.

Nous avons consulté le site de l’Agence du revenu du Canada pour connaître les détails[2] :

La SCEE ne sera versée dans le REEE établi pour un bénéficiaire âgé de 16 ou 17 ans que si l’une des deux conditions suivantes est remplie :

  • Un minimum de 2000 $ de cotisations a été versé à des REEE à l’égard du bénéficiaire avant l’année où il a atteint l’âge de 16 ans, et n’en a pas été retiré;
  • Un minimum de cotisations annuelles d’au moins 100 $ a été versé à des REEE à l’égard du bénéficiaire au cours des quatre années précédant l’année où il a atteint l’âge de 16 ans, et n’en a pas été retiré.

Cela signifie que vous devez commencer à cotiser au REEE de votre enfant avant la fin de l’année civile de son 15e anniversaire de naissance pour avoir droit à la SCEE.

Q : Il est difficile de battre un rendement garanti de 20 % sur votre investissement, mais qu’arrive‑t‑il si vous investissez dans un REEE, mais que votre enfant ne va pas au collège ou à l’université après tout? Allez-vous perdre la totalité des sommes investies?

Jason : Non, pas du tout! C’est là une idée fausse. Si votre enfant ne va pas au collège ou à l’université, vous ne perdrez pas votre placement, mais vous devrez rembourser au gouvernement le montant de la subvention. Vous garderez par contre les intérêts composés accumulés. Vous pourrez alors transférer votre REEE dans votre REER (s’il vous reste des droits de cotisation inutilisés) et vous mettre à épargner pour votre retraite.

Q : Que suggérez-vous d’abord aux parents procrastinateurs?

Jason : Un conseiller financier peut vous donner la poussée initiale dont vous avez besoin et vous inciter à passer à l’action aux grandes étapes de la vie. C’est un peu comme avoir un partenaire au centre de conditionnement physique – vous avez besoin de quelqu’un qui veillera à ce que vous respectiez vos engagements.

On a beau avoir les meilleures intentions du monde, on a parfois besoin de quelqu’un qui vérifie si on est bien allé au gymnase quand on a promis d’y aller le lendemain. Votre conseiller prendra le temps de comprendre vos buts, vous aidera à clarifier vos priorités et pourra vous aider à passer à l’action. Et il vous demandera ce qui se passe si vous remettez l’épargne au lendemain.

Q : Une fois que les parents ont dressé un plan, que peuvent-ils faire pour le respecter?

Jason : Que vous épargniez pour l’éducation de votre enfant ou pour votre retraite, je recommande toujours les retraits mensuels automatiques parce qu’on établit son budget en fonction de notre revenu disponible. Vous devez vous dire de vous servir en premier. Ces « économies forcées » nous obligent à penser rationnellement. Quand mes clients ont l’impression qu’ils ne peuvent pas épargner beaucoup, je leur dis de commencer par des sommes modestes – ne serait-ce que 50 $ par mois – parce qu’un petit montant vaut mieux que rien du tout. Puis, à la fin de l’année, je les encourage à verser plus dans leur REEE pour obtenir la subvention la plus généreuse possible.

Q : Dernière question : Sachant que les parents se sacrifient pour économiser, à quel niveau l’enfant devrait-il cotiser pour sa part?

Jason : Chaque situation est différente. Ça dépend du moment où l’enfant commence à avoir de l’argent pour épargner. S’il faut éviter de consacrer tout ce qu’il a à sa future éducation, demander à l’enfant de cotiser, lui aussi, est une bonne façon de lui montrer à gérer son budget et à économiser pour son avenir. Vous lui enseignerez ainsi à investir.

À la lumière des conseils avisés de Jason, il est clair qu’il n’y a, au risque de nous répéter, aucun avantage à procrastiner lorsqu’il s’agit de l’éducation postsecondaire de son enfant. L’épargne n’a pas à être difficile; tout ce qu’il faut, c’est de commencer par un plan financier. Consultez foresters.com pour en savoir davantage.

jason-ransomeJason D. Ransome

Fort de sa quinzaine d’années d’expérience dans les domaines des finances et de l’assurance, Jason a aidé des centaines de familles et de propriétaires d’entreprise à répondre à leurs besoins dans ces deux domaines. S’étant taillé une solide réputation d’intégrité et de fiabilité, il s’engage à fournir à ses clients un service individualisé de très haut niveau et à leur prodiguer ses avis d’expert.

[1]Statistique Canada, septembre 2016, source : http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/160907/dq160907a-fra.htm

[2]Agence du revenu du Canada, le 16 décembre 2015, Les régimes enregistrés d’épargne-études (REEE) 2015, source : http://www.cra-arc.gc.ca/F/pub/tg/rc4092/rc4092-f.html#P11_64

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Jennifer Peckett

Jenn has a background in partner management and content marketing. She loves to tell stories through a variety of mediums including blog articles, videos and media materials. Jenn covers community outreach and personal finance topics. She enjoys putting a personal spin on her articles to help make finance topics relatable – while still educational!